CASTLETOWN

 

Ancienne capitale de l'Ile de Man pendant plusieurs siècles, Castletown possède un charme qui lui est propre. Située au sommet d'un ancien volcan ayant presque totalement disparu, cette ville fut la gardienne du pays en temps de guerre comme de paix.. On trouve beaucoup de noms anglicisés dans la commune et ses environs, celle-ci ayant longtemps abrité le siège du gouvernement.

Les années 1970 ont marqué la fin du trafic maritime mais, plus récemment, une reprise économique s'est faite sentir grâce aux activités financières et industrielles.

Chaque coin de rue de cette jolie ville est chargé d'histoire. Il est possible de visiter l'ancienne école primaire, qui fut en activité de 1570 à 1930, dans les locaux de la première chapelle locale, construite vers 1200. Ce bâtiment de couleur blanche possède la plus vieille toiture de toute l'Ile.

The "House of Keys" est un bâtiment construit en 1820, qui abrita une partie de l'assemblée du Parlement de Man jusqu'en 1874, date à laquelle Douglas devint la capitale de l'Ile. Il servit ensuite de banque pendant un siècle, puis fut restauré dans l'esprit du XIXème siècle. Les visiteurs s'y instruiront sur l'héritage politique de Man.

Le port pittoresque de Castletown est dominé par l'imposant "Castle Rushen", l'un des châteaux médiévaux les mieux conservés des îles britanniques. La date précise de sa construction n'est pas connue, mais elle est certainement antérieure à 1200. Il fut construit par les Vikings pour protéger l'embouchure de la rivière Silverburn, et a vraisemblablement servi de résidence au dernier Roi nordique de l'Ile de Man, Magnus, mort en ce lieu en 1266.

Le seul ayant réussi à le prendre d'assaut fut Robert the Bruce en 1313, après un siège de six semaines, au cours duquel les bâtiments furent en partie démolis. Les ruines sont incorporées dans la version actuelle, qui fut érigée par William de Montacute en 1344. La "Derby House" et sa salle adjacente, toujours occupées, furent construites en 1644, et utilisées comme résidence par les Comtes de Derby, alors qu'ils étaient Seigneurs de Man. Durant la Guerre Civile, la population se rebella et la comtesse fut forcée de rendre le château aux forces parlementaires en 1651. Celui-ci servit ensuite de centre administratif, d'hôtel des monnaies, de tribunal, puis de prison jusqu'à l'ouverture de celle de Douglas en 1891.

La hauteur du mur extérieur, qui entoure le donjon, est de 7,5 m et sa largeur de 2 m. Il est flanqué de cinq tours disposées de manière irrégulière, qui servirent pendant un temps comme bureaux pour le Receveur Général et d'autres administrateurs. Le fossé fut transformé en zone de surveillance durant le règne d'Henri VIII.

En entrant dans la forteresse par le nord-est, par un étroit passage entre des murs élevés, on atteint la grande porte, munie d'une herse, puis on se retrouve face à l'entrée du donjon, dans la cour intérieure. Entre les deux portes se tenait le tribunal de l'Ile. Sur la gauche se trouve la "Derby House" et, à droite, quelques marches conduisent aux remparts, à la Salle des Juges et à la Chambre du Conseil. Dans la cour intérieure, on remarque trois puits qui permettaient d'alimenter la garnison en eau. On pénètre dans le donjon après avoir traversé une porte avec pont-levis et double herse. Sur la gauche, on aperçoit la salle des gardes, où l'évêque Wilson fut enfermé. En face se situe la chambre qui fut occupée par le Grand Vicaire.

Sous cette dernière, se trouve un cachot sombre où les prisonniers étaient attachés par des cordes. D'autres salles similaires ont été découvertes sous la tour nord-ouest.

Des escaliers de pierre en colimaçon permettent de monter dans le donjon, où se trouvent de nombreuses pièces à visiter. L'une d'entre elles, la Salle de l'Horloge, servait auparavant de chapelle. On dit que l'Horloge "Queen Elizabeth" a été présentée à la reine Elisabeth I en 1597, alors qu'elle administrait Man dans l'attente d'un jugement entre les héritiers de Ferdinand et William, les cinquième et sixième comtes de Derby. Cette horloge au mécanisme simple ne possède qu'une seule aiguille (ce qui était le fait des premières horloges), mais donne toujours parfaitement l'heure.

Les appartements sont particulièrement intéressants. La salle des banquets mesure 11m sur 6 et se distingue comme étant la plus grande pièce du Château. Sa cheminée est impressionnante.

Castle Rushen est l'un des meilleurs exemples de forteresse féodale dans toutes les îles britanniques. Il est sous contrôle des Monuments Historiques de Man, et est ouvert au public chaque année entre avril et septembre.

Sur le port, se trouve également le musée nautique, fondé après la découverte, en 1935, du yacht Peggy, construit en 1791 et resté sur cale pendant plus d'un siècle, après la mort de son propriétaire.

A trois kilomètres de Castle Rushen, se trouve Rushen Abbey, le plus important site religieux local datant de l'époque médiévale. Cette abbaye fut acquise par le Gouvernement en 1998. D'importants travaux de restauration et de fouilles archéologiques sont en cours.

Le Roi Olaf Ier, fils de Godred Crovan, céda le terrain sur lequel l'abbaye fut construite en 1134. D'abord habitée par des moines de l'Ordre de Sauvignac, elle fut rapidement placée sous contrôle cistercien. Elle devint le siège du pouvoir religieux dans l'Ile et abrita l'ensemble des écrits locaux. C'est là que furent conservés les plus importants documents médiévaux relatifs à l'Ile, dont les fameuses chroniques des Rois de Man.

L'église et le cloître se trouvent au cœur d'une série de bâtiments, érigés en fonction des nécessités des règles de Ste Bénédicte. L'abbaye régissait un domaine qui s'étendait sur deux kilomètres au sud et à l'ouest. La domination territoriale s'étendit ensuite au nord et à l'est et le tout forma de loin le complexe agricole et économique le plus important de l'Ile.

Les visiteurs pourront, lors de la visite de Rushen Abbey, s'instruire sur l'histoire du Christianisme dans l'Ile de Man et sur les conditions de vie de l’ancienne communauté cistercienne. Il est possible de se promener au milieu des vestiges et des fondations récemment mises à jour. Un film vidéo permet de comprendre l'importance des fouilles archéologiques et des travaux de restauration.


 

FORT ISLAND

 

L’île St Michael, appelée aussi Fort Island, offre l’un des plus beaux panoramas de l’Ile de Man. Elle se trouve à l’est de la baie de Derbyhaven et on s’y rend par la route qui conduit à l’hôtel " Golf Links " à Langness. Il ne s’agit plus vraiment d’une île car on y accède par une chaussée étroite ne laissant la place qu’à un seul véhicule. Elle mesure à peine 400 mètres de longueur.

Depuis Castletown, on se rend à Fort Island par la route côtière qui longe la mer et la baie circulaire de Derbyhaven. Sur l’île, les paysages sont spectaculaires. A l’ouest, on aperçoit Bradda Head et Port Erin ; au nord-est, le littoral escarpé grimpe jusqu’à Santon Head ; la baie de Derbyhaven, parsemée de bateaux, s’étend au nord-ouest. Bien que Fort Island soit fortement imprégnée d’histoire, les allées et venues des avions depuis l’aéroport de Ronaldsway, à l’opposé de la baie, nous rappellent que nous sommes bien dans le présent.

On peut y admirer deux anciens bâtiments. Le plus vieux est une chapelle nordico-celtique en pierre, dédiée à St Michel et datant du XIIème siècle. Elle ne possède plus de toit et se compose de quatre murs et un clocheton. Cette chapelle aurait remplacé une chambre funéraire celtique remontant au début de la christianisation de Man, quelques siècles plus tôt. Un cimetière, dont il ne reste plus de traces, y était associé et fut utilisé jusqu'en 1870 pour l'inhumation des naufragés et des catholiques.

L'autre bâtiment est un fort construit par James, 7ème Comte de Derby et Seigneur de Man. Il date de 1645 et a été érigé durant la Guerre Civile anglaise pour défendre Derbyhaven, qui était alors un port important, contre les forces parlementaires. Il remplaçait une construction plus ancienne datant de 1540 et bâtie sur l'ordre d'Henry VIII. Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, ce fort a servi de phare.

Fort Island a été le site d'une bataille historique, suite au débarquement des Ecossais en 1275. Les Mannois, sous le commandement de Godred, le fils du roi Magnus mort en 1265, y subirent une défaite importante.

 

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