DOUGLAS

 

Douglas (22 000 habitants) est la capitale de l’Ile de Man depuis l’après-guerre. La ville tire son nom de deux rivières, la Dhoo river (ou rivière sombre) et la Glass river (ou rivière claire), qui se rejoignent, un kilomètre en amont.

Le passé de Douglas est bien moins riche que celui de Peel ou de Castletown. Au XVIIIème siècle, il s’agissait d’un simple village de pêcheurs, dont les contrebandiers avaient fait leur repère.

Comme il s’agissait du seul port dans l’île à ne pas être dépendant des marées, celui de Douglas fut choisi pour être le terminal d’une ligne de ferries vers Liverpool. Après d’importants travaux, celle-ci vit le jour vers 1830. C’est à cette date que l’expansion de Douglas commença, grâce au tourisme. Notons que le port de Douglas fut le premier au monde à s’équiper d’un radar.

Durant l’entre deux guerres, la ville devint l’une des plus importantes destinations de vacances du nord des îles britanniques. Elle est aussi maintenant un grand centre financier et commercial. La plupart des ministères du gouvernement de l’Ile de Man, ainsi que le Parlement et l’Assemblée, y sont installés.

Pour voyager sur l’île, Douglas est le point de départ de deux agréables moyens de déplacement : le train à vapeur " Victorian Steam Railway " qui dessert le sud jusqu’à Port Erin via Castletown, et le tramway électrique, qui longe la très belle route touristique vers Ramsey, au nord.

Dans les quartiers proches de la mer, l’architecture date de l’époque victorienne et tout y a été conçu pour satisfaire les besoins des vacanciers. Avec le développement des services financiers au cours des dernières années, l’afflux de banques, de compagnies d’assurances et de sociétés immobilières a entraîné la construction de grands immeubles de bureaux dans le centre-ville, et le phénomène se poursuit. Les rues commerçantes se situent derrière le front de mer, parallèlement à l’avenue Loch Promenade.

Le front de mer consiste en une série d'avenues qui longent la baie. Le bâtiment du terminal ferry se distingue par une flèche élancée, dont la forme lui a valu le surnom de  "presse-citron". Au début de la digue Victoria, se trouve un étrange bloc de béton : il s’agit d’un exemplaire des milliers de pièces qui ont servi à construire la digue extérieure du port.

En regardant vers le large, on aperçoit la " Tower of Refuge ", bâtie au XIXème siècle sur le rocher Conister. Cette construction n’avait pas de vocation militaire, mais humanitaire car elle servait d’abri aux naufragés des nombreux bateaux qui venaient s’échouer sur les récifs. Elle permettait également de signaler la présence des écueils. Le naufrage le plus célèbre sur l’île reste celui du St George en 1830. Le bateau de secours de Douglas recueillit 22 personnes à son bord. Un certain William Hillary participa à ce sauvetage, au cours duquel il fut blessé. L’année suivante, il eut l’idée de bâtir un refuge sur le rocher Conister. Plus des deux tiers de la somme nécessaire furent obtenus grâce à des dons et Sir Hillary finança le reste personnellement. La "Tower of Refuge", qui consiste en trois robustes tours reliées entre elles par d’épais murs, fut construite en 1832. La même année, Sir Hillary fonda la "Société Royale Nationale de Secours Maritime", propriétaire du bâtiment. Il est possible de visiter la " Douglas Lifeboat House ", près de la digue, où l’on verra peut-être le bateau de sauvetage William Hillary, nommé ainsi en l’honneur de ce grand homme.

La première avenue du front de mer, Loch Promenade, a été construite en 1863. Elle est bordée d’un côté par des hôtels aux façades claires et, de l’autre, par des jardins ornementaux situés en contrebas et qui, en saison, offrent une grande palette de couleurs. Au bout des jardins, se trouve le Monument aux Morts de la guerre 1914-18. En face, l’église St Thomas, bâtie entre 1846 et 1849 par l’architecte Ewan Christian dans le style gothique du début de l’époque victorienne. Les murs de la nef et du chœur ont été peints entre 1896 et 1910 par un artiste local, John Miller.

Sur la deuxième avenue, Harris Promenade, on remarque, à gauche, les jardins couverts de la Villa Marina, le "Broadway", où sont régulièrement organisés des spectacles et surtout le "Gaiety Theatre", certainement le plus bel exemple des œuvres de Frank Marcham, le grand architecte de théâtres victoriens. Ce bâtiment a été racheté par le Gouvernement de Man pour être admirablement restauré.

A proximité, se trouve le Musée National de Man (entrée gratuite). Celui-ci ouvrit ses portes en 1922 dans un ancien hôpital construit en 1886, l’année de la création de la Caisse des Monuments Historiques de l’île. De taille limitée, il rassemblait des collections venues de Castle Rushen, Peel et Ramsey. En 1986, il fut l’objet d’importants travaux d’agrandissement, pour un budget de 1,3 millions de livres et ses nouveaux locaux furent inaugurés en 1989 par sa Majesté la Reine Elisabeth II, Seigneur de Man. Il a obtenu en 1992 le prix de Musée Britannique de l’année. La visite débute par la projection d’un film sur l’histoire de l’Ile de Man, puis se poursuit en faisant le tour des différentes galeries.

La Central Promenade est longée par d’autres hôtels de la période victorienne. L’Esplanade est un bon exemple de symétrie architecturale. L’avenue abrite de nombreux espaces de jeux : Crescent Leisure Centre (machines à sous), Superbowl (bowling), Summerland (cinéma, jeux). Un peu plus loin, surplombant l’avenue de très haut, se trouve le bâtiment blanc de Falcon Cliff, construit en 1840, qui abrite aujourd’hui des bureaux. Au pied de Summerhill, on remarque la statue en bronze de Sir Hall Caine (1853-1931), écrivain très populaire en son temps, qui publia de nombreux romans, dont "l’Homme de Man" (the Manxman), "le Chrétien" (the Christian) et "l’Enfant Prodigue" (the Prodigal Son).

Sur la digue de Douglas se trouve également la Camera Obscura "Grand Union", qui date de 1880 et figure parmi les quatre dernières des îles britanniques. Au contraire des autres, qui furent construites pour étudier l'astronomie, celle de Douglas fut créée à des seules fins touristiques. A travers une série de miroirs et de lentilles, elle permet au visiteur d'avoir des vues spectaculaires sur la ville. Privée jusqu'en 1990, elle fut ensuite rachetée par le Gouvernement, qui a mené d'importants travaux de restauration pour préserver ce patrimoine original.

Au bout de Central Promenade, se trouve le terminus du tramway à cheval, qui pourra ramener les visiteurs à leur point de départ. Il s’agit du plus ancien tramway à cheval toujours en activité dans le monde, car sa mise en service date de 1876. La ligne relie, sur trois kilomètres en front de mer, le terminus du chemin de fer électrique à celui du ferry. Quelques 42 chevaux se relayent pour tirer les 23 voitures, équipées de roulettes pour alléger la charge. Les animaux , élevés spécialement pour ce service, sont accueillis à la fin de leur carrière dans la Maison de repos pour chevaux, à Bulrhenny, quelques kilomètres au sud de Douglas. Celle-ci a été fondée en 1950 à l’initiative de deux habitantes, consternés de voir des chevaux en parfaite santé quitter l’île pour un avenir douteux. Après des débuts difficiles, un legs généreux permit d’acheter les locaux de Bulrhenny. Depuis 1950, plus de 270 animaux ont été accueillis. 40 chevaux et 8 ânes sont actuellement hébergés dans le centre. Celui-ci ne fonctionne qu’à l’aide de dons privés et il est possible de parrainer un animal contre une donation minimum de £ 10 par an.

 

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