LE SUD

 

Au sud de l’Ile de Man, se trouvent deux jolies villes côtières, Port Erin et Port St Mary.

Peu importe par quel chemin on s’approche de Port Erin (Purt Chiarn en mannois, ce qui signifie à la fois le port du seigneur et le port de fer), les paysages sont tous magnifiques. Situé au bout d’une baie quasi – fermée, protégée au nord par le haut sommet de Bradda et par la péninsule de Mull au sud, Port Erin offre une plage abritée par presque tous les temps. Ce fut un endroit très apprécié des contrebandiers qui, à la tombée de la nuit, se livraient à leurs activités dans la crique déserte, à l’abri des regards indiscrets, grâce aux collines et aux falaises abruptes qui entourent le village. Plus récemment, Port Erin fut une station balnéaire fréquentée par les industriels du Lancashire et leurs employés. De jolies maisons blanches bordent le littoral et une rangée d’hôtels se tient en haut des falaises.

A côté de Port Erin se trouve le village de Port St Mary (Port-le-Moirrey en mannois), derrière lequel se trouvent les collines de la péninsule de Mull, qui descendent droit vers le port. Avec le déclin de la pêche, celui-ci est devenu un havre pour les bateaux de plaisance et une escale appréciée des touristes. Tout autour se dressent de charmantes vieilles maisons, dont le chaume des toits a été remplacé depuis longtemps par des tuiles. La partie la plus récente de Port St Mary se trouve devant la plage de Chapel Bay, où tant de générations d’enfants ont appris à nager et à construirre leurs premiers châteaux de sable. Entre le port et la plage, un agréable sentier longe le rivage.

A quelques kilomètres de Port Erin se situe le village – musée de Cregneash, illustration vivante de la vie d’une petite communauté agricole de Man au XIXème siècle. Niché sous Meayll Hill et surplombant Calf of Man, le village resta isolé jusqu’au début du XXème siècle et, pour cette raison, fut l’un des tout derniers bastions des coutumes traditionnelles sur l’île. Les menaces de la modernisation incitèrent quelques passionnés à préserver ce site unique. Le professeur Carl Marstrander de l’Université d’Oslo y réalisa les premiers enregistrements du langage mannois en interviewant un fermier du village, Harry Kelly. Grâce aux efforts du Directeur du Musée National de Man, la maison de Harry Kelly, après avoir été restaurée, fut le point de départ du musée qui ouvrit en 1938. Par la suite, l’ajout d’autres bâtiments permit d’élargir cette illustration authentique de la vie rurale. Le village est maintenant un centre de pratiques agricoles traditionnelles. Les visiteurs peuvent y observer le labour avec charrue à cheval, la construction des toits de chaume, la teinture, le filage et le tissage de la laine, le travail du bois, celui du maréchal-ferrant ainsi que la cuisine à l'ancienne.

Le cercle de pierres levées de Meayll Hill, près de Cregneash, est un cimetière datant du Néolithique, comprenant six paires de chambres funéraires, formant un cercle de 18 m de diamètre. Ce site a été occupé par l'homme de la préhistoire jusqu’au Moyen-Age. Il dépend maintenant de la Caisse des Monuments Historiques de l’Ile de Man.


 

 

THE CALF OF MAN

 

Le Calf Of Man est une petite île située à l’extrême sud-ouest de l’Ile de Man, dont elle est séparée par un mince bras de mer appelé Calf Sound. Sa superficie est de 1.6 km². Son nom provient du mot scandinave Kalfr, qui signifie petite île située à côté d’une grande. Les paysages y sont spectaculaires. Derrière son détroit tumultueux, le Calf of Man s’étend sereinement et mystérieusement. En 1939, cette île, jusque là privée, fut offerte par son propriétaire à la Maison du Patrimoine du Royaume Uni (National Trust), avant d’être confiée à celle de l’Ile de Man, quand elle fut fondée. Le Calf fait maintenant office de réserve naturelle d’oiseaux et est ouvert au public, sauf durant la période de reproduction. Ses seuls habitants en sont les gardiens, durant les mois d’été.

On retrouve trace du Calf Of Man dans les archives de 1292, selon lesquelles Edouard Ier d’Angleterre, Seigneur de Man, autorisa le Comte de Buchan à y extraire du plomb pour couvrir huit tourelles de son château de Crigelton et Gallowaye en Ecosse. En 1648, la famille Stevenson, propriétaire du Calf, fut contrainte de la céder au Seigneur, qui craignait qu’elle soit envahie par les forces parlementaires, lors de la Guerre Civile. La petite flotte du Seigneur put ainsi repousser une attaque de trois bateaux anglais sur le Calf.

En 1776, John Quale était locataire du Calf, où il élevait du gibier pour la chasse. Alors que ses ouvriers démontaient les pierres d’une ancienne chapelle celtique, une découverte remarquable fut faite : un bloc d’ardoise gravé datant de la première moitié du IXème siècle, qui faisait vraisemblablement partie d’un autel. Il s’agit d’un bel exemple d’art celtique, remarquable pour sa finesse. Le style byzantin des dessins prouve l’influence artistique que l’Eglise Méditerranéenne orientale avait sur l’Eglise celtique à cette époque. La gravure dépeint la crucifixion du Christ, à gauche duquel se tient un soldat romain. Sur la partie droite manquante devait se trouver un autre soldat avec un linge et du vinaigre, comme cela est décrit dans l’Evangile. On peut admirer cette gravure, qui mesure 66 cm sur 25 cm, au Musée National de Man à Douglas.

376 timbres spéciaux pour le Calf of Man ont été émis entre 1962, année où les services postaux de l’Ile sont devenus indépendants, et 1973. Bien qu’ils aient été lancés théoriquement pour couvrir les frais d’envoi jusqu’à Port St Mary, ils avaient surtout pour vocation d’être des timbres de collection.

Au sud du Calf on aperçoit le Rocher du Poulet (Chicken’s Rock), sur lequel se trouve un phare maintenant entièrement automatisé. Avant son installation, la position de l’île était indiquée par deux autres datant de 1818, maintenant désaffectés, situés sur le côté ouest. Il existe également un quatrième phare.

Les eaux qui entourent le Calf sont un paradis pour les amateurs expérimentés de plongée sous-marine. Pour les autres, une excursion en bateau leur permettra d’admirer les oiseaux et peut-être les phoques allongés sur les rochers, ou encore d’apercevoir les pacifiques requins pèlerins, espèce protégée dans les eaux territoriales de l’Ile de Man.

 

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